Diplôme par excellence de la profession d’aide à domicile aux personnes dépendantes, les salariées titulaires du DEAVS sont des salariés catégorie C au regard de la convention collective nationale des organismes d'aide ou de maintien à domicile du 11 mai 1983. Il existe trois catégories d’aide à domicile qui travaillent dans une association. Les catégories A sont les aides à domicile qui n’ont pas de diplômes reconnus par la convention collective. Autrement dit, toutes les aides à domiciles qui ne sont pas dans les catégories B et C. La convention parle d’agent à domicile. Les catégories B sont toutes les aides à domicile titulaire d’un des 10 diplômes listés par la convention (BEP carrière sanitaire et sociale, Titre d’assistante de vie, titre d’employé familiale polyvalente, CAP petite enfance, CAP employé technique de collectivités, etc…). La convention les désigne sous le vocable d’employé à domicile. La catégorie C quant à elle comprend donc les aides à domiciles titulaire du DEAVS, de la MCAD ou du CAFAD. On parle alors d'auxiliaire de vie sociale. La distinction a son intérêt dans la compétence dédiée à chacune d’elle (les connaisseurs sauront qu’en pratique cela est très loin d’être évident…) et, évidemment, dans la rémunération horaire qui est plus importante lorsque l’on est en catégorie C.

La masse salariale représente plus de 90% des frais d’une association. La possibilité de faire face aux frais associatifs dépend, comme il vous a été expliqué dans le dernier billet, de financements extérieurs qui aujourd’hui diminuent sensiblement. Aujourd’hui, ce sont les salariés entrant dans les critères de la catégorie C qui en font les frais. Il devient difficile aujourd’hui pour les personnes titulaires d’un DEAVS ou de la MCAD de trouver du travail dans les associations pour la simple et bonne raison que les associations n’ont plus les moyens financiers d’assumer une part trop importante de son personnel aux catégories C. Pour suivre un peu le débat sur les jeunes diplômés qui a lieu en ce moment sur la plateforme des blogs emplois de Régions Jobs, allez expliquer à des jeunes DEAVS que ce que leur a dit leur formateur (« les services à la personne recrutent ») que les associations ne veulent plus en recruter ? L’année passée une personne de la croix rouge vient me voir : « Nous avons rouvert une formation DEAVS par le biais de la VAE et nous souhaiterions que vous participez au jury pour le module des actes essentiels ». Oui pas de souci Madame. Mais sachez, pour info, que nous ne recrutons plus de DEAVS ni nous, ni nos confrères ou, en tous les cas, très très peu (= seulement si besoin impératif, pour remplacer un départ d’une catégorie C mais si nous ne pouvons vraiment, vraiment pas faire autrement). « Ah ?! ».

Mais attention. Je parle ici du milieu associatif. Les chances de pouvoir trouver un emploi avec ces diplômes ne sont pas nulles, ce serait mentir. Il existe depuis la loi Borloo, une ribambelle de structures privées à but lucratif qui sont friands des aides à domiciles diplômées. Mais elles ne sont pas soumises à la convention collective et rémunèrent donc ces salariés au minimum légal. Il est vrai qu’il est toujours mieux d’être payé au SMIC que d’être sans emploi, je vous l’accorde. Mais bon, avouez qu’il y a un malaise quelque part…