Attention à ce que vous dites de votre employeur même à l'extérieur de l'entreprise...
Par Sebdu62 le vendredi 21 novembre 2008, 13:05 - Le saviez-vous "Juridique" - Lien permanent
Le 28 octobre dernier, la chambre sociale de la Cour de cassation a rendu une décision susceptible d'intéresser les salariés qui auraient une dent contre leur employeur, que cela soit d'ailleurs justifié ou non...
En effet, dans cette affaire, un salarié a été licencié pour faute grave pour avoir tenu des propos dénigrants à l'encontre de son supérieur hiérarchique dans le cadre d'une conversation privée. Celui-ci, tout naturellement, a décidé de poursuivre son employeur considérant que le licenciement n'a aucune justification réelle et sérieuse puisque la conversation ayant eu lieu en privé avec une personne extérieure à l'entreprise au moment des faits. Pour autant, la Cour de cassation n'a pas retenu l'argument du demandeur. Selon la chambre sociale, le salarié qui a dénigré, même en privé, son directeur commercial auprès d'un futur collègue commet une faute grave lorsque ces propos, réitérés, entraînent des difficultés dans l'entreprise. Estimant que les propos du salarié avaient un caractère excessif et constituaient un abus de la liberté d'expression préjudiciant gravement à l'entreprise en raison de l'atteinte portée à l'autorité du chef hiérarchique, le juge a pu retenir que le licenciement pour faute grave était justifié. Faites donc attention à ce que vous dites et, si jamais vous parlez tout seul chez vous, rapellez-vous... il paraît que les murs ont des oreilles !
Commentaires
Intéressant comme jugement. Une jurisprudence à retenir !
Et qu'est-ce qu'on doit penser de cela !
Est-ce logique de faire attention à ce que l'on dit sur notre employeur dans un contexte privé ?
Ou cela met-il la liberté d'expression en danger ?
Dubitative, je suis.
Mais merci pour l'info.
Moi aussi cela me laisse dubitative, mais un mot me frappe "un futur collègue" (bon OK 3 mots). En fait si je comprends bien il n'a pas dénigré l'entreprise auprès de sa consierge, son garagiste ou sa boulangère mais auprès un futur employé de la Sté... Le contexte est peut être plus important que la liberté d'expression : il n'y a qu'un pas pour retenir l'intention de nuire.