lpaSection calaisienne de la Ligue Protectrice des Animaux du Nord de la France

« Les animaux de compagnie ne sont pas des peluches »

Chaque année 60 000 chiens et chats sont abandonnés au bord des routes françaises au moment des grands départs en vacances. « Et la région calaisienne n’est pas une exception en la matière » confirme navré Pierre-Yves Charpentier, responsable de la Ligue Protectrice des Animaux (LPA), de Calais située zone Marcel Doret. Pour une capacité de 80 chats et 140 chiens, la LPA locale dénombre aujourd’hui 88 chats (donc plus que la capacité normale prévue par le refuge) et 98 chiens abandonnés, perdus ou déposés et qui attendent impatiemment que leurs futurs maitres viennent les chercher pour partager ce bout de bonheur et cette chaleur qu’ils devraient normalement vivre auprès de celui qui les considère comme étant les meilleurs amis de l’homme. Autant les mentalités françaises, et derrière elle, la législation ont-elles su évoluer et apprécier les animaux de compagnie pour ce qu’ils sont, c’est-à-dire des êtres sensibles qu’il faut respecter et protéger contre les actes de cruauté de propriétaires pernicieux (ainsi, le Code civil distingue-t-il depuis quelques années maintenant l’animal des autres objets et le Code pénal prévoit quant à lui des infractions pénales spécifiques contres les animaux qui se distinguent de celles contre les biens), autant les abandons, qui sont considérés comme un acte de cruauté par les défenseurs de la cause animale, n’ont pas nécessairement diminués et continuent d’être le combat des associations telles la LPA calaisienne.

Un nouvel obstacle : Internet

« Attention, le champ de l’abandon des chiens ou chats ne se restreint pas uniquement aux abandons dans la nature de ces animaux de compagnie, explique Pierre-Yves Charpentier. Une partie des animaux présents à la LPA ont été amenés directement par leurs propriétaires et ce parfois quelques jours à peine après leur achat au prix fort. Le petit chiot coup de cœur qu’on achète comme une belle peluche s’avère rapidement plus contraignant que ce qu’on pense et on le dépose à la LPA la plus proche, parfois en se faisant passer pour une personne l’ayant trouvé sur le bord de la rue et même si cela arrive évidemment certains signes ne trompent pas », confirme le spécialiste désabusé. La LPA calaisienne, comme beaucoup de ses consœurs, se heurte toutefois à un phénomène qui prend malheureusement de plus en plus d’importance. L’année 2008 a connu moins d’entrée d’animaux que les années précédentes. « Ce qui ne signifie toutefois pas qu’il y ait moins d’abandon », arrête tout de suite Pierre-Yves Charpentier. La cause est imputée à Internet et à son utilisation de plus en plus aisée pour se débarrasser de ce coup de cœur devenu contrainte de manière à en retirer un profit. « Il ne faut pas oublier que celui qui déposera un animal ici n’en tirera aucun profit, rappelle-t-il. Au contraire, Internet a facilité la possibilité de se déposséder de son animal tout en récupérant une contrepartie quelle soit pécuniaire ou matérielle. A ce titre, j’ai honte de le dire, mais aujourd’hui, on peut voir sur Internet des annonces proposant d’échanger le petit chiot acheté récemment contre une Nintendo DS ». Internet est, en outre, loin d’être un gage de sérieux quant à la santé, au traitement ou à l’origine de l’animal. « Systématiquement, les chiens et chats accueillis au refuge sont vaccinés, tatoués et stérilisés, précise Pierre-Yves. Nous nous engageons donc à remettre aux adoptants un animal sain, en forme et en bonne santé, pour une somme dérisoire (140 euros pour un chien et 70 euros pour un chat) puisqu’il s’agit uniquement de prendre en charge les soins assurés ». Au final, quoiqu’il en soit, il vaut mieux réfléchir à deux fois avant de se lancer dans un tel achat impulsif car un refuge, par définition, est sensé être le domicile temporaire de ses habitants ce qui, malheureusement, n’est pas le cas de quelques uns de ses pensionnaires qui, on n’en doute pas, se serait bien passé de ce long séjour.

Sébastien CHARRIERE

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