Des élèves du collège Jean Jaurès investissent le Fort Risban

Le Fort Risban dévoile son histoire en 14 tableaux

Calais, le Fort Risban, l’an de grâce deux mille huit. La populace françoise se presse vers le port de Calais où se dressent majestueusement les remparts du Fort. En son sein, conteurs, troubadours, ménestrels et autres artistes de sa majesté s’apprêtent afin de recevoir comme il se doit les âmes calaisiennes venues découvrir l’Histoire du monument. Chacun s’installe à sa place, face à la scène où devra bientôt se jouer les drames qui ont jalonné l’histoire du Fort. Le silence se fait. Le spectacle peut enfin commencer.

Fraicheur et bonne humeur au rendez-vous

Cela fait maintenant près d’une année que des élèves du collège Jean Jaurès se préparent pour cet évènement. Un an qu’ils étudient l’histoire du Fort Risban, qu’ils s’entraînent à envahir, par le corps et l’esprit, ce monument du patrimoine historique calaisien et à présenter, en étroite collaboration avec le Yacht Club du Calaisis, le fruit d’un long travail. « J’attends avec impatience ce que tout cela va donner, confie la tante d’une des protagonistes. J’ai suivi tout cela d’un peu loin mais on m’a promis que cela sera à la fois enrichissant et très drôle ». Un jeune homme, habillé d’un beau costume noir, entre sur scène. C’est le conteur, chef d’orchestre de la petite troupe et fil conducteur des 14 tableaux représentant différentes périodes marquantes de l’histoire du Fort Risban. D’emblée, le ton est donné et le rythme du spectacle s’installe. Le sérieux est au rendez-vous puisqu’il s’agit de faire connaître l’histoire d’un monument finalement peu connu des calaisiens. Toutefois, les élèves ont souhaité donner une tournure moderne et burlesque à la pièce. Et cette façon d’appréhender les choses fait mouche. Autodérision, improvisation, fraicheur et bonne humeur font de ce grand projet une véritable réussite. Bien sûr, quelques touches d’amateurisme transparaissent, certains artistes ont la mémoire qui flanche et les souffleurs ravivent les mémoires un peu plus fort que cela ne devrait être, mais tout cela rend le spectacle encore plus touchant et laisse plus de traces dans les mémoires des spectateurs. « J’ai beaucoup apprécié le travail réalisé par ces collégiens, reconnaît Christophe. C’est plutôt impressionnant et ce fut très drôle ». Une autre spectatrice confirme cette impression. « Je me suis beaucoup amusée, confirme-t-elle. Mon jeune fils lui-même est resté très attentif au spectacle alors que jamais je ne l’aurais amené à une pièce de théâtre plus sérieuse dont l’objet aurait été de retracer l’histoire d’un monument ». Cette nouvelle invasion du Fort Risban, si elle ne fera pas l’objet d’une page dans les livres d’histoire, aura, à n’en pas douter, été la plus douce et la plus amusante invasion que le Fort aura connu.

Sébastien CHARRIERE

Présentation. Paul, conteur et indispensable fil conducteur burlesque, agit en véritable show man pour présenter tout au long de la pièce l’histoire du Fort Risban. Tableau 2. Quatre filles dans le vent montent la tour en bois de Philippe, comte de Boulogne, première ébauche vers l’élaboration du Fort de Risban. Tableau 3. Les demoiselles reviennent pour la construction, par le duc de Lancastre, de la tour en pierre qui remplacera, durant la guerre de cent ans, la tour de bois. Fatiguée par la construction des deux tours, les quatre jeunes filles décident de protester et se mettent en grève. Visite. Une visite guidée entrecoupe l’histoire de la construction du Fort Risban. Tableau 4. Pendant que le conteur prend de la hauteur pour observer l’histoire du Fort, la petite troupe s’est mise en bleu de travail afin de monter le rempart polygonal souhaité par Henry VIII. C’est l’occasion pour ces graines d’artiste de nous montrer leur talent de danseur à l’occasion d’une petite chorégraphie dynamique. Tableau 5. Plusieurs étapes jalonnent ce cinquième tableau. A coup de correspondances entre Lord Grey depuis la France et la reine Elisabeth I, l’histoire se poursuit entre occupation anglaise et reprise française. Alors que les jeunes anglais se moquent entre eux du style français, le duc de Guise permet à la France de reprendre Calais aux Anglais en 1558. Tableau 6. En 1586, Giraud de Mauléon, gouverneur de Calais, estime que le haut de la tour de Lancastre qui domine les remparts constitue une menace en cas d’attaque ennemie. Il décide de l’araser. Tableau 7. Peu de temps pour la paix ! Les Espagnols envahissent Calais mettant le feu partout dans la citadelle. Ces derniers finissent par quitter la cité suite à un traité de paix signé en 1598. C’est l’occasion pour les filles de montrer leur talent de danseuse, habillée aux couleurs chaudes de l’Espagne, sur le rythme endiablé d’une musique hispanique. Tableau 8. Vauban, ingénieur militaire français, père de la fortification bastionnée, prodigue ses conseils afin d’améliorer la structure du Fort Risban. Ses dames de service ne semblent pas l’entendre de cette oreille et se débrouille pour se débarrasser fissa de ce dernier. Tableau 9. Le fort, qui abritait une poudrière en son sein, se retrouve en partie en feu. Les artificiers prêtent main forte aux collégiens pour cette partie de l’histoire qui demande l’intervention de professionnels. Tableau 10. Le fantôme de Vauban envahit le Fort. Le conteur lui donne la réplique et lui promet de tenir désormais compte de ces précieux conseils pour renforcer la sécurité du fort. Tableau 11. Seconde guerre mondiale. La troupe met en scène le ravitaillement du fort par un Lysander anglais. Les hôtesses chargées de remplir l’avion ne résistent pas au charme du copilote au grand dam du pilote qui essaye, tant bien que mal, de remettre tout ce petit monde dans les rangs. Le voyage est mouvementé… Tableau 12. De nouveau la seconde guerre mondiale, période ô combien marquante de l’histoire. Les avions filent dans le ciel, bombardant tout sur leur passage. Chaque sirène est l’occasion pour les habitants du port de venir se réfugier au sein du fort. Tableau 13. Saut dans l’histoire. La troupe attire l’attention du public sur une anecdote historique ayant eu lieu durant la période de la Révolution. Les habitants durent déplacer la statue de Notre Dame de Risban pour la protéger. Sous la difficulté des deux protagonistes à déplacer leur camarade, la Dame de Risban finit par se déplacer par elle-même en ironisant sur le caractère défectueux du matériel pour une si grosse production ! Tableau 14. Le Yacht Club du Calaisis s’installe dans le fort dès les années 50. Clin d’œil à une véritable institution contemporaine du fort qui s’est investit becs et ongles dans l’élaboration du projet en coopération avec l’école Jean Jaurès. Une belle façon de dire au revoir à ce lieu plein d’histoire avant de retrouver le site de la gravière de Blériot-Plage. Final. Jean Jaurès et l’ensemble des jeunes artistes envahissent le Risban sans aucune intention belliqueuse. Bonne humeur, éclat de rire, lancés de ballon colorés et feux de joie viennent clore une belle prestation devant un public conquis.

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