Entretien avec Béatrice Monnet, Présidente de l’association l’Europe Des Lévriers.

Depuis combien de temps existe votre association ?

« L’association est toute jeune, elle existe depuis août 2006 mais cela fait cinq ans que les fondateurs de l’association participent activement à la sauvegarde des lévriers Galgos ».

Comment avez-vous été sensibilisé sur cette question ?

« J’étais bénévole à la SPA et un jour j’ai trouvé un lévrier abandonné dans un camp de Gitan. C’est à cette occasion que j’ai découvert le problème de la maltraitance des lévriers Galgos et que j’ai décidé de m’investir en ce sens ».

Comment l’association s’organise pour récupérer les lévriers ?

« L’association travaille avec d’autres associations et a des contacts dans des refuges en Espagne, notamment, dans des régions espagnoles où la chasse est une tradition largement pratiquée. Ces refuges ne disposent d’aucune aide et travaillent dans des conditions misérables. Ils ne peuvent faire adopter les lévriers car en là-bas il leur paraît impensable d’adopter un lévrier comme un animal de compagnie. La seule solution reste alors de les récupérer dans les refuges et de les faire adopter en-dehors de l’Espagne ».

Les autorités espagnoles ne peuvent-elles donc rien faire ?

« Il existe bien une législation espagnole qui condamne la maltraitance des animaux mais elle est très récente puisque intégrée au Code pénal que depuis 2004. En outre, il est quasiment impossible d’appliquer les textes puisque systématique les auteurs des actes de cruauté sur les lévriers ne sont pas retrouvés. Tout cela se fait dans la clandestinité, il existe, d’ailleurs, un véritable trafic car il faut savoir qu’un bon lévrier de chasse peut se vendre jusqu’à 18 000 euros entre Galgueros ».

Et l’Europe ?

« On a posé la question à la Commission européenne, il n’existe aucun texte sur la protection des animaux de compagnie sur lequel elle peut s’appuyer pour condamner cette pratique et faire pression sur l’Espagne ».

Quel message voulez-vous transmettre aux personnes qui seraient intéressés par votre action ?

« Nous cherchons des familles d’accueil pour les lévriers que l’on récupère d’Espagne. Il faut savoir que les lévriers sont d’une très grande sensibilité, sont extrèmement attachants et, surtout, n’ont aucune agressivité. En ce sens, nous sommes heureux de pouvoir compter sur Jocelyne Comyn pour faire le relais entre l’association et Calais. Je suis consciente qu’il y a beaucoup d’autres malheurs en ce monde mais il est impossible de rester insensible à cette situation et il faut agir ensemble pour que cela cesse ».

Propos recueillis par Sébastien CHARRIERE

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