"Vous m'avez fait un bon devoir, il y a de très bonnes connaissances et on sent que vous avez compris l'essentiel de la problématique. Mais, pourquoi, diable, faites-vous autant de fautes d'orthographe, de grammaire, de conjugaison à chaque phrase "

Cette phrase, bien qu'un peu poussée (mais si peu), a été le quasi-quotidien du chargé de travaux dirigés en droit que j'ai été durant quatre années. Après avoir lu le post de Pierre-Etienne Chauvel sur un courriel qu'il a reçu en réponse d'une offre d'emploi rédigée en langage SMS, je me suis demandé si la langue française ne serait pas sérieusement menacée...Mais peut-on vraiment en vouloir directement et à 100% aux personnes incriminées ? Imaginez un peu...

Aujourd'hui, on envoit des SMS tous les jours, et même plusieurs fois par jour. Pour une question de rapidité et d'économie évidente (l'idéal est d'envoyer le texte en un seul message, combien de fois j'ai du reprendre un message un peu trop long en tentant de le raccourcir d'une façon ou d'une autre pour ne pas empiéter sur un 2nd message pour quelques lettres....), on cherche à abréger chacun de nos messages, l'important étant l'idée que l'on veut faire passer dans le message (le contenu) et non la façon dont on l'écrit (le contenant). Qu'y a-t-il de mal à cela ?

Aujourd'hui, internet devient un bien de consommation courant et quotidien. De plus en plus rares sont les personnes qui affirment ne jamais avoir touché à Internet, et beaucoup ont touché à un ordinateur pour la première fois afin d'utiliser Internet. Les utilisateurs d'Internet ont quasiment tous utilisés les msn, yahoo messenger et autres tchat en ligne. Bien que le côté économique de faire des abréviations ne se retrouvent pas comme pour le SMS, il apparait rapidement naturel (il est vrai, plus pour la jeune génération dont je fais partie) de ne pas écrire les phrases et les mots en entier. Sauf d'être le speedy gonzales du clavier, il apparaît plus simple et plus rapide d'abréger les mots. Il m'arrive, moi-même de faire exprès de ne pas conjuguer les verbes, de ne pas mettre un "s" au pluriel, etc, etc, etc car, se dit-on, cela n'a pas grand intérêt d'y faire attention. Qu'y a-t-il de mal à cela ?

On peut ajouter à ces deux constats, la prise de note chez les étudiants. En effet, plus on avance dans les études, moins les enseignants dicteront les cours (ce n'est pas le cas pour tous mais disons qu'en général c'est le cas). On pousse alors les étudiants à savoir prendre des notes, ce qui signifie avoir un panel d'abréviations dans un coin de la tête directement utilisable lorsqu'il faut prendre des notes. On les pousse à ne pas rédiger complètement leurs phrases, mais à "prendre des notes". Cela peu s'avérer extrèmement pratique par la suite dans leur vie professionnelle (regardez moi, correspondant local de presse, je suis bien obligé de savoir prendre des notes sinon je ne m'en sortirais pas...). Qu'y a-t-il de mal à cela ?

A priori, il n'y a rien de mal à tout cela. Mais, c'est comme pour tout, une leçon bien apprise finit, à plus ou moins long terme, par être oubliée si on n'a pas, ou si on ne se donne pas, l'occasion de pratiquer régulièrement ce qui a été appris...