Des copropriétaires mécontents de la couleur choisie pour les murs de l’ancien hôtel Calton.

LA MER SERAIT-ELLE GRISE ANTHRACITE ?

Depuis quelques jours, la météo calaisienne semble vouloir nous jouer de très mauvais tour, et la pluie et le vent n’incitent guère à la promenade sur la plage. Pourtant, nombreux sont les calaisiens qui ont déserté le centre-ville et les magasins à la fin du mois d’avril pour aller profiter d’un bain de soleil tout en dégustant ces fameuses glaces italiennes absentes de la plage pendant la période hivernale. Certains d’entre eux, plus téméraires que jamais, ont profité de cette occasion pour braver la température de notre bien aimée et chère à notre cœur Mer du Nord. Ce tableau, pourtant moins rare que pourraient le laisser à penser certains, cache une Mer du Nord pourtant bien plus houleuse qu’il n’y parait…

Des copropriétaires de la résidence de la plage grognent

L’intrigue se passe au sein de l’ancien hôtel Calton. Plus précisément, sur la façade côté plage. Il y a quelques années de cela, alors que l’hôtel avait été, après diverses péripéties, cédées à un propriétaire unique, il a été décidé une réfaction complète de la façade. Les riverains, ainsi que les habitués de la plage se souviennent parfaitement des couleurs ayant été choisies par l’ancien propriétaire : jaune et bleu. Peut-être que ces couleurs avaient été le choix d’un propriétaire inspiré par le ciel bleuté calaisien et son sable jaune, mais le fait est que certains estimaient ces couleurs un peu trop voyantes à leur goût. Le temps passant, le propriétaire décida de revendre son bien tel quel en plusieurs lots. Récemment, lors d’une assemblée générale de la copropriété, les copropriétaires décidèrent à la majorité, comme il est de coutume en la matière, de refaire la façade de la résidence, notamment après avoir constaté que des tags avaient été effectués tout en haut de la façade. Bien mal leur en a pris puisqu’à partir de cet instant, le reste de la procédure échappa complètement à la copropriété.

Gris anthracite

« Ce sera gris anthracite… », dixit l’architecte des bâtiments de France. Même si la notion de propriété induit le droit de pouvoir user et abuser de la chose dont on est le propriétaire, il n’est pas possible de faire tout et n’importe quoi. Ainsi, conformément aux règles du droit de l’urbanisme, il faut, par exemple, obtenir de la mairie un permis de construire avant d’entamer certains importants travaux. Les règles sont, encore, plus strictes lorsque les bâtiments dont on est le propriétaire ont un caractère particulier aux vues du patrimoine historique et culturel ou se trouve dans une zone dite de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager comme c’est le cas pour la résidence de la plage à cause d’une situation proche de la plage et du Fort Risban. Ainsi, dans le cas qui nous intéresse, une fois la décision de refaire la peinture prise, il revient à une autorité extérieure, l’Architecte des Bâtiments de France (ABF), de donner son avis sur la question. Les copropriétaires n’ont, à partir de ce moment, plus rien à dire puisque c’est à l’ABF de décider quelle sera la peinture qui, dans le cadre architectural, urbain et paysager sera la plus adaptée. En l’occurrence, le choix c’est porté sur un gris anthracite qui n’est pas du tout du goût d’une majorité des copropriétaires. En effet, sans préjuger des raisons qui ont poussé à choisir cette couleur, on ne peut qu’espérer que le choix de la couleur n’a pas été guidé par une comparaison un peu trop rapide avec la couleur de notre chère Mer du Nord…

Sébastien CHARRIERE

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